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Quand une pandémie fait avancer les connaissances...

Si leurs activités de recherche et d’observation se sont poursuivies en 2020, elles ont néanmoins été rythmées par une nouvelle mission, en lien direct avec la crise sanitaire. Depuis, en partenariat avec d’autres laboratoires, des études et des analyses bihebdomadaires sont menées pour apporter des réponses concrètes à la lutte contre la Covid-19. Faute de n’avoir pu être évitée, cette pandémie semble alors plus facile à « accepter » lorsque que l’on sait que des chercheurs – cherchent – et contribuent ensemble à faire progresser la science.          

Anticiper pour mieux maîtriser 

En temps normal, l’activité des chercheurs au sein d’Actalia consiste à étudier et à maîtriser les dangers ciblant les norovirus et virus de l’hépatite A dans les aliments (coquillages, végétaux frais, eau…) et leur environnement. Nicolas Boudaud, anime une Unité Mixte Technologique (UMT) VIROcontrol, agréée par le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, basée à Saint-Lô. Cette UMT travaille en partenariat avec le LCPME (Laboratoire de Chimie Physique et Microbiologie pour les Matériaux et l'Environnement) (UMR 7564 : CNRS – Université de Lorraine), eux-mêmes spécialisés depuis plus de 20 ans sur les virus dans l’environnement.

Dès mars 2020 et les débuts officiels de la pandémie sur le territoire français, des laboratoires de recherche ont mis en place des méthodes de quantification du génome du SARS-CoV-2 dans les eaux usées brutes. L’équipe d’Actalia a naturellement rejoint cette recherche dont l’urgence, évidemment, n’est plus à démontrer. Grâce au transfert des méthodes et à l’acquisition du savoir-faire auprès du LCPME en avril 2020, Actalia a suivi la circulation de ce virus dans les eaux usées de cinq stations d’épuration en partenariat avec le Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon (SIBA).

Le réseau OBEPINE

Depuis septembre 2020, ACTALIA a rejoint le OBEPINE (OBservatoire EPIdémiologique daNs les Eaux usées) pour suivre la circulation du SARS-CoV-2 dans les eaux usées brutes dans 150 stations d’épuration françaises (STEP). Cette adhésion s’est faite suite aux succès obtenus dans plusieurs essais inter-laboratoires menés sous la direction du réseau Obepine pour évaluer les compétences et le savoir-faire des laboratoires désirant rejoindre ce réseau de surveillance nationale. Plus d’informations : Accueil - Réseau Obépine (reseau-obepine.fr). ACTALIA suit à ce jour une vingtaine de STEP pour le compte du réseau Obepine et pour le SIBA. Neuf laboratoires, dont Actalia, sont actuellement reconnus comme possédant les critères suffisants pour assurer une quantification précise du virus dans les eaux usées. 

Le but est d’assurer un suivi pertinent de la circulation du SARS-CoV-2, territoire par territoire. Ce réseau est utilisé comme outil de surveillance sur les stations d’épuration représentatives de l’Hexagone. La concentration en génome de SARS-CoV-2 est un indicateur fiable de la situation épidémique et de la circulation locale du virus dans les populations rattachées à un réseau de collecte des eaux usées. Lorsque le virus circule pas ou peu dans les populations, cet indicateur peut anticiper sur le taux d’incidence et donc anticiper sur l’apparition des nouvelles vagues épidémiques.

Nicolas Boudaud explique que ce processus de recherches et d’analyses représente, clairement, une opportunité à exploiter dès lors qu’une pandémie se profile. Il faudra, dit-il : « garder ce réseau ouvert, au-delà de la crise sanitaire actuelle, pour suivre la circulation de tous les pathogènes entériques d’origine hydrique comme les norovirus ou les parasites protozoaires. » Ces analyses permettront d’avoir des informations robustes sur la circulation de ces pathogènes dans les populations rattachées à une STEP et d’apporter un outil d’aide à la décision aux autorités de gestion pour mettre en place des mesures adaptées localement. 

Nicolas Boudaud, qui n’oublie jamais d’associer son équipe, sans laquelle, précise-t-il : « il n’aurait pas été possible de répondre aux exigences du réseau OBEPINE », se dit confiant dans les progrès de la science. Il rappelle cependant, qu’elle ne peut pas tout faire et que chaque geste individuel compte pour endiguer la propagation du virus, à commencer par le respect des gestes barrières (lavage des mains régulier, port du masque). Ce papa de deux petites filles de quatre et deux ans et demi, rêve comme beaucoup d’autres, de pouvoir les emmener découvrir le monde du dehors, la vie culturelle, le cinéma, les rencontres... alors il sait que son travail, que leur travail, aujourd’hui peut-être plus que jamais, a vraiment du sens. 
 

Rédaction : Stéphanie Montagne-Grésille

Équipe ACTALIA ©Stéphanie_Montagne