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L’Agglo, soutien financier [Covid-19]

Témoignage d’Aymeric Quiquet, fleuriste par nature...

Parce que les fleurs c’est périssable, comme le dit la chanson, celles qui parfument et colorent nos intérieurs ont fait partie des victimes collatérales du confinement. Même si Aymeric Quiquet a essayé de mettre à profit ce retrait forcé, grâce à son concept « d’écoresponsabilité et de circuit court », la fermeture de son commerce, le report en 2021 des mariages et autres cérémonies ont forcément fait chuter très nettement son chiffre d’affaires. 

Une aide précieuse

Le « Fonds Territorial d’aide aux loyers pour les artisans-commerçants » est un dispositif ouvert aux commerçants, artisans dont le propriétaire des murs est un tiers. Ce fonds d’aide vise principalement à alléger le coût des loyers à raison d’une prise en charge de 50 % des loyers, plafonnés à 1 500 € H.T., sur la période du 15 mars au 15 mai. « Même si j’ai su occuper mes journées, le confinement a provoqué sur le court terme un arrêt total des liquidités et sur le long terme une escalade d’annulations des commandes. Le coup de pouce de l’Agglo permet de soulager une partie du manque à gagner et apporte un soutien moral ». Aymeric Quiquet est un optimiste et il espère pouvoir poursuivre son activité, voire mettre en place des nouveaux projets. Peu avant la crise du Covid 19, son magasin avait fait l’objet d’une visite d’entreprise de l’Agglo. Une occasion qu’Aymeric Quiquet avait mise à profit pour éclairer sur sa vision très personnelle et dans l’air du temps du métier de fleuriste.

Seul fleuriste en France reconnu or puis platine !

Aymeric Quiquet s’installe à Saint-Lô en 2011 et ne choisit pas le nom Naturalis par hasard. Il démarre son entreprise avec la ferme intention de développer une affaire écoresponsable. Meubles de récupération, peintures sans solvants, fleurs françaises ou labellisées, électricité basse consommation, tri des déchets, emballages bio, lui permettent d’obtenir très rapidement le « Label écoresponsable fleuriste ». Il devient le premier en France et donc le seul à être éligible au niveau trois étoiles : or. Sa propre production de fleurs naturelles bio lui fera atteindre quelques années plus tard le niveau quatre étoiles : platine. Dans son jardin à la campagne, on trouve des pivoines, des agapanthes, des dahlias, des phlox… Ses clients, conquis, se mettent également à préférer les fleurs de saison. À la Saint-Valentin, Aymeric Quiquet réussit même l’exploit d’orienter les achats vers autre chose que l’incontournable rose. L’importation massive qu’entraîne la fête des amoureux  donne à réfléchir. Cette année, pour conter fleurette, les clients se sont laissés séduire par des bouquets de tulipes, d’anémones ou de renoncules, ces dernières signifiant dans le langage des fleurs : « Je suis ébloui par votre charme » !

Prochaine étape : des abeilles et le rêve d’un coup de pouce !

Son terrain de 6 000 mètres carrés est encore loin d’être entièrement mis à profit, ainsi l’alchimiste des essences l’espère, des ruches vont bientôt rejoindre les nombreux animaux déjà présents dans ce hâvre de douceur qui est le sien, entouré de haies bocagères, d’aubépines, de tilleuls et de châtaigniers. Les abeilles, qu’il adore, pourront s’en donner à cœur joie pour butiner, et semer à l’envi. Trois bonnes raisons justifient ce nouveau défi. Un besoin irrépréssible de protéger ces insectes de la famille des Apoïdes, essentiels à la pollinisation, la satisfaction de récolter un miel bio, (en ayant suivi une formation d’apiculteur au préalable bien sûr), et le moyen de développer sa production de nouvelles fleurs naturelles. Grâce à leur incontestable talent, les petites semeuses sont capables de stocker sur une seule patte 500 000 grains de pollen et plus elles butinent les fleurs des fruitiers, plus les arbres produisent des fruits de bonne qualité et en bonne quantité. Reste que l’intallation de ruches représente un coût non négligeable. Par conséquent si des collectivités locales souhaitent également soutenir financièrement ce projet 100% écologique, Aymeric Quiquet ne demande qu’à partager avec elles son enthousiasme.

Sa préférence

Pour finir l’entretien, une dernière question s’impose. Quelle est ou quelles sont les fleurs préférées de ce fleuriste par nature ? : « La pivoine et la tubéreuse, très utilisée en parfumerie, et toutes les plantations qui permettent de créer des bouquets ou des lanternes en fleurs séchées naturellement, garanties sans aucun traitement ! ».  La nature, pour mieux s’épanouir, a besoin d’air pur. Le confinement aura au moins eu l’avantage de démontrer cette évidence !

Rédaction : Stéphanie Montagne-Grésille