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Étienne et Laurence DUYCK, éleveurs laitiers et fabricants de produits laitiers au lait cru

« Ce métier, on ne peut pas le faire sans passion »

Étienne et Laurence DUYCK ont repris la ferme de la Clémendière en 1997. Laurence, après une formation de comptable a suivi une formation pour adultes afin de s’installer avec son mari. Étienne est fils d’agriculteur, passionné par le métier, il a validé un BTS agricole afin d’avoir sa propre ferme.

 

Une ferme en agriculture biologique qui a su renaître de ses cendres

Dans ce secteur en transition de plus en plus d’agriculteurs réfléchissent à leurs pratiques et les font évoluer pour répondre aux enjeux environnementaux mais aussi économiques.

Étienne et Laurence ont entamé cette réflexion il y a près de 15 ans. En 2005, ils choisissent de transformer eux-mêmes leur lait à la ferme et de commercialiser leurs produits. Cela a nécessité de suivre une nouvelle formation, mais a permis de valoriser la production à un juste prix.

En 2016, ils franchissent un nouveau pas et décident de convertir leur exploitation à l’agriculture biologique. La labellisation qui représente une valeur ajoutée pour les produits de la ferme est de plus en plus demandée par les consommateurs, mais c’est aussi leur engagement pour préserver l’environnement.

Que ce soit la transformation à la ferme ou la conversion bio ce sont des démarches longues et administrativement lourdes qui nécessitent de la détermination. Le couple montre qu’il en a car en 2016 la ferme brûle presque entièrement. Cela reste un évènement douloureux et traumatisant.  Mais Laurence et Etienne ont choisi de faire face à toutes les difficultés et de rebâtir la ferme.

L’exploitation est désormais certifiée agriculture biologique et le lait produit par le troupeau de vaches jersiaises est toujours transformé sur place. La gamme des produits s’est peu à peu diversifiée : crème crue, beurre au lait cru, yaourts et désormais de la tomme. Les produits de la ferme de la Clémendière sont vendus en Biocoop, en fromageries, et commencent à être distribués dans la restauration collective par l’intermédiaire d’Inter Bio Normandie Services.

Aujourd’hui, deux salariés travaillent à plein temps à la ferme avec Etienne et un troisième a débuté en janvier.

Une utilisation raisonnée des ressources de la ferme : l’opportunité du « Plan Bocage »

Laurence et Étienne s’intéressent à l’ensemble de la capacité de production de la ferme, de l’amont vers l’aval, notamment au rôle des haies.

Cet hiver, 1 120 mètres de haies vont être plantés à la Ferme de la Clémendière dans le cadre du Plan Bocage mis en place par Saint-Lô Agglo avec l'aide du conseil départemental.

Étienne et Laurence connaissent tous les services rendus par les haies : anti-érosion, brise-vent pour abriter les troupeaux, stockage du carbone, production de bois-énergie...

Quand ils se sont installés, les haies de l’exploitation, très anciennes, étaient en mauvais état, des arbres tombaient, les talus s’affaissaient, … c’est beaucoup de travail d’entretien.

 

Le Plan Bocage : une aide décisive pour la plantation

Cette année, c’est donc la première fois qu’ils replantent des haies sur l’exploitation. Les aides du plan bocage de Saint-Lô Agglo ont été décisives dans leur choix.

Car non seulement le coût des plantations est pris en charge en partie par le département et par Saint-Lô Agglo, mais le Plan Bocage propose aussi un accompagnement complet pour déterminer le lieu de plantation et surtout pour choisir les essences les plus adaptées, grâce aux conseillers de la Chambre d’Agriculture de Normandie.

La plantation réalisée par une entreprise spécialisée est suivie sur un an, ce qui est un gage de confiance pour une plantation réussie car les arbres qui n’ont pas repris la première année seront remplacés.

 

Utiliser la filière bois énergie

Laurence et Étienne envisagent l’an prochain de bénéficier d’une autre aide de Saint-Lô Agglo au titre du "conseil global bocage"  pour qu’un conseiller de la Chambre d’Agriculture les accompagne dans la gestion de leur maillage bocager et la planification de leurs plantations sur l’ensemble de l’exploitation. La plantation d'arbres est un projet durable et sur le long terme. Il faut s’assurer d’optimiser les aménagements afin qu’ils soient un atout pour l’exploitation.

Le couple voit d’ailleurs dans le bois des haies un véritable atout économique pour la ferme mais aussi pour la société et l’environnement.

« C’est un secteur d’avenir car c’est une ressource durable et économique »

Une haie, ça s’entretient. Il faut régulièrement tailler des branches ou récolter le bois "taillis" et les haies se régénèrent, c'est un cycle.
Ainsi, la ferme est entièrement chauffée par le bois des haies de l’exploitation. Chaque hiver une entreprise de travaux agricoles vient tailler et couper là où c’est nécessaire pour entretenir les haies. L'association "Haiecobois" se charge ensuite de broyer le bois en plaquettes qui alimentent la chaudière bois après 6 mois de séchage. Cette opération coûte 1 000 € par an et permet de chauffer tous les bâtiments pendant un an mais aussi de réaliser une économie d’électricité de 6 000 €.

La ferme de la Clémendière poursuit son chemin vers une agriculture raisonnée qui produit des aliments de qualité en se servant de tous les atouts de son environnement.

 

Propos recueillis par les chambres d'agriculture Normandie